372 SEMIRAMIS.
Et relevant mon front, profterné vers fon trône, j
M’a vingt fois appelé l’appui de Babylone . j
Je m’entendais flatter de cette augufte voix j
Dont tant de fouverains ont adoré les lois ; j
Je la voyais franchir cet immenfe intervalle, j
Qu’a mis entr’elle et moi la majefté royale : ^
Que j’en étais touché ! qu’elle était à mes yeux j
La mortelle, après vous, la plus femblable aux dieux! g
A z E M A. j
Si la reine elt pour nous, Affur en vain menace ; ^
Je ne crains rien. j
A R Z A CE. J
J’allais, plein d’une noble audace, j
Mettre à fes pieds mes vœux jufqu’à vous élevés,
Qui révoltent Aflùr, et que vous approuvez.
Un prêtre de l’Egypte approche au moment même,
Des oracles d’Ammon portant l’ordre fuprême. ^
Elle ouvre le billet d’une tremblante main ,
Fixe les yeux fur moi, les détourne foudain, 1!
Laiffe couler des pleurs , interdite , éperdue, J(
Me regarde, foupire, et s’échappe à ma vue. Q
On dit qu’au défefpoir fon grand cœur eft réduit, 0
Que la terreur l’accable, et qu’un dieu la pourfuit. D:
Je m’attendris fur elle; et je ne puis comprendre It
Qu’après plus de quinze ans, foigneux de la défendre, Al
Le ciel la perfécute, et paraiffe outragé.
Qu’a-t-elle fait aux dieux ? d’où vient qu’ils ont changé ?_
A Z E M A. j),
On ne parle en effet que d’augures funeftes,
De mânes en courroux, de yengeances céleftes.
Sémiramis troublée a femblé, quelques jours,
Des foins de fon empire abandonner le cours :