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Tome troisième
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S E I I R A I I S.

Ses foudaines frayeurs interrompent le cours ;

Son filence fouvent répond à mes difcours.

Que veut-elle me dire? ou que veut-elle apprendre?Elle avance vers nous ; c’eft elle. Va m’attendre.

SCENE FIL

SEMIRAMIS, ASSUR.

S E M I R A M I S.

Seigneur, il faut enfin que je vous ouvre un cœurQui long-temps devant vous dévora fa douleur.

J’ai gouverné l’Afie, et peut-être avec gloire;Peut-être Babylone, honorant ma mémoire,

Mettra Sémiramis à côté des grands rois.

Vos mains de mon empire ont foutenu le poids.Par-tout victorieufe, abfolue, adorée,

De l’encens des humains je vivais enivrée :

Tranquille , j’oubliai, fans crainte et fans ennuis ,Quel degré m’éleva dans ce rang où je fuis.

Des dieux, dans mon bonheur, j’oubliai la juftice;Elle parle, je cède; et ce grand édifice,

Que je crus à l’abri des outrages du temps,

Veut être raffermi jufqu’en fes fondemens.

ASSUR.

Madame, c’eft à vous d’achever votre ouvrage,

De commander au temps, de prévoir fon outrage.

Qui pourrait obfcurcir des jours fi glorieux ?

Quand la terre obéit, que craignez-vous des dieux?

«