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S E I I R A I I S.
Ses foudaines frayeurs interrompent le cours ;
Son filence fouvent répond à mes difcours.
Que veut-elle me dire? ou que veut-elle apprendre?Elle avance vers nous ; c’eft elle. Va m’attendre.
SCENE FIL
SEMIRAMIS, ASSUR.
S E M I R A M I S.
Seigneur, il faut enfin que je vous ouvre un cœurQui long-temps devant vous dévora fa douleur.
J’ai gouverné l’Afie, et peut-être avec gloire;Peut-être Babylone, honorant ma mémoire,
Mettra Sémiramis à côté des grands rois.
Vos mains de mon empire ont foutenu le poids.Par-tout victorieufe, abfolue, adorée,
De l’encens des humains je vivais enivrée :
Tranquille , j’oubliai, fans crainte et fans ennuis ,Quel degré m’éleva dans ce rang où je fuis.
Des dieux, dans mon bonheur, j’oubliai la juftice;Elle parle, je cède; et ce grand édifice,
Que je crus à l’abri des outrages du temps,
Veut être raffermi jufqu’en fes fondemens.
ASSUR.
Madame, c’eft à vous d’achever votre ouvrage,
De commander au temps, de prévoir fon outrage.
Qui pourrait obfcurcir des jours fi glorieux ?
Quand la terre obéit, que craignez-vous des dieux?
«