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Tome troisième
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ACTE SECOND.

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S E M I R A M I S.

La cendre de Ninus repofe en cette enceinte,

Et vous me demandez le fujet de ma crainte?

Vous !

A S S ü R.

Je vous avoûrai que je fuis indignéOu’on fe fouvienne encor fi Ninus a régné.

Craint-on, après quinze ans, fes mânes en colère?Ils fe feraient vengés, s’ils avaient pu le faire.

D’un étemel oubli ne tirez point les morts.

Je fuis épouvanté, mais c’eft de vos remords.

Ah ! ne confultez point d’oracles inutiles :

C’eit par la fermeté qu’on rend les dieux faciles.

Ce fantôme inouï, qui parait en ce jour,

Oui naquit de la crainte, et l’enfante à fon tour,Peut-il vous effrayer par tous fes vains preftiges ?Pour qui ne les craint point, il n’eft point de prodiges:Ils font l’appât greffier des peuples ignorans,L’invention du fourbe, et le mépris des grands.

Mais fi quelque intérêt, plus noble et plus folide,Eclaire votre efprit, qu’un vain trouble intimide ;

S’il vous faut de Bélus éternifer le fang,

Si la jeune Azéma prétend à ce haut rang.

S E M I R A M I S.

Je viens vous en parler. Âmmon et Babylone Demandent fans détour un héritier du trône.

11 faut que de mon fceptre on partage le faix;

Et le peuple et les dieux vont être fatisfaits,

Vous le favez affez, mon fuperbe courageS’était fait une loi de régner fans partage :

Je tins fur mon hymen l’univers en fufpens ;

Et quand la voix du peuple, à la fleur de mes ans,