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Tome troisième
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S E I I R A Jl I S,

A fon premier alpect tout mon cœur étonné,

Par un pouvoir fecret fe fentit entraîné ;

Je n’en pus affaiblir le charme inconcevable;

Le relie des mortels me fernbla méprifable.

Affur, qui m’obfervaiï, ne fut que trop jaloux;

Dès-lors le nom d’Arzace aigrilfait fon courroux.

Mais l’image d'ArZace occupa ma penfée,

Avant que de nos dieux la main ne l’eût tracée;

Avant que cette voix, qui commande à mon cœur,Me défignât Arzace, et nommât mon vainqueur.

O T a N E.

C’eft beaucoup appaifer ce fuperbe courage,

Qui des maîtres du Gange a dédaigné l’hommage ;Qui, n’écoutant jamais de faibles fentimens,

Veut des rois pour fujets, et non pas pour amans,Vous avez méprifé jufqu’à la beauté même,

Dont l’empire accroilfait votre empire fuprême :

Et vos yeux fur la terre exerqaient leur pouvoir,

Sans que vous daignaflîez vous en appercevoir.

‘Quoi! de l’amour enfin connaiffez-vous les charmes?Et pouvez - vous paffer de ces fombres alarmesAu tendre fentiment qui vous parle aujourd’hui?

S E M I R A M I S.

Non, ce n’eft point l’amour qui m’entraîne vers lui:Mon ame par les yeux ne peut être vaincue.

Ne crois pas qu’à ce point de mon rang defcendue,Ecoutant dans mon trouble un charme fuborneur,

Je donne à la beauté le prix de la valeur:

Je crois fentir du moins de plus nobles tendreffes.Malheureufe! eft-ce à moi d’éprouver des faiblelfes,De connaître l’amour et fes fatales lois !

Otane, que veux-tu; je fus mère autrefois.