ACTE TROISIEME.
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Mes malheureufes mains à peine cultivèrentCe fruit d’un trille hymen, que les dieux m’enlevèrent.Seule, en proie aux chagrins qui venaient m’alarmer,N’ayant autour de moi rien que je puffe aimer,
Sentant ce vide affreux de ma grandeur fuprême ,M’arrachant à ma cour, et m’évitant moi-même,
J’ai cherché le repos dans ces grands monumens ;
D’une ame qui fe fuit trompeurs amufemens.
Le repos m’échappait; je fens que je le trouve;
Je m’étonne en fecret du charme que j’éprouve:
Arzace me tient lieu d’un époux et d’un fils,
Et de tous mes travaux, et du monde fournis.
Que je vous dois d’encens, ô Puiffance célelle !
Qui, me forçant de prendre un joug jadis funelte,
Me préparez au nœud que j’avais abhorré,
En m’embrafant d’un feu par vous-même infpiré.
O T A N E.
Mais vous avez prévu la douleur et la rageDont va frémir Affur à ce nouvel outrage;
Car enfin il fe flatte, et la commune voixA fait tomber fur lui l’honneur de votre choix:
Il ne bornera pas fon dépit à fe plaindre.
SEMIKAMIS.
Je ne l’ai point trompé, je ne veux pas le craindre.
' J’ai fu quinze ans entiers, quel que fût fon projet,
Le tenir dans le rang de mon premier fujet:
A fon ambition , pour moi toujours fufpecte,
Je prefcrivis'quinze ans les bornes qu’il refpecte.
Je régnais feule alors, et fi ma faible mainMit à fes vœux hardis ce redoutable frein,
Que pourront déformais fa brigue et fon audace.
Contre Sémiramis unie avec Arzace?
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