ACTE TROISIEME.
393
SCENE III.
SE MIRA MIS, O T A N E,s E M I R a m i s.
A IN SI le ciel eft d’accord avec moi;
Je fuis fon interprète, en choififfant un roi.
Oue je vais l’étonner, par le don d’un empire!
Qu’il eft loin d’efpérer ce moment où j’afpire !
Ou’Aflur et tous les fiens vont être humiliés !
Quand j’aurai dit un mot, la terre eft à fes pied*.Combien à mes bontés il faudra qu’il réponde !
Je l’époufe, et pour dot, je lui donne le monde.
Enfin ma gloire eft pure, et je puis la goûter.
SCENE IF.
5EMIRAMIS, OTANE, MI T R ANE,un Officier du palais.
OTANE.
Arzac e à vos genoux demande à fe jeter:
Daignez à fes douleurs accorder cette grâce.
SEMIRAMIS.
Quel chagrin près de moi peut occuper Arzace !
De mes chagrins lui feul a diffipé l’horreur:
Qu’il vienne, il ne fait pas ce qu’il peut fur mon cœur.Vous dont le fang s’appaife, et dont la voix m’infpire,O mânes redoutés, et vous, Dieux de l’empire,
Dieux des Aftyriens, de Ninus , de mon fils,
Pour le favorifer, foyez tous réunis.
Quel trouble en le voyant m’a foudain pénétrée!