394
SE MIRA MIS
SCENE F.
SEMIRAIIS, ARZACE, AZEMA.
A R Z A C E.
O reine, à vous fervir ma vie eft confacrëe:
Je vous devais mon fang, et quand je l’ai verfé,Puifqu’il coula pour vous, je fus récompenfé.
Mon père avait joui de quelque renommée;
Mes yeux l’ont vu mourir, commandant votre armée;Il a laiffé, Madame, à fon malheureux filsDes exemples frappans, peut-être mal fuivis.
Je n’ofe devant vous rappeler la mémoireDes fervices d’un père et de fa faible gloire,
Qu’afin d’obtenir grâce à vos facrés genoux,
Pour un fils téméraire, et coupable envers vous,
Qui, de fes vœux hardis écoutant l’imprudence,
Craint même en vous fervant de vous faire une offenfe.
S E M I R A M I S.
Vous, m’offenfer? qui, vous? ah! ne le craignez pas.ARZACE.
Vous donnez votre main, vous donnez vos*Etats.
Sur ces grands intérêts , fur ce choix que vous faites,Mon cœur doit renfermer fes plaintes indifcrètes :
Je dois dans le filence, et le front profterné,
Attendre, avec cent rois, qu’un roi nous foit donné.Mais d’Affur hautement le triomphe s’apprête;
D’un pas audacieux il marche à fa conquête;