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Tome troisième
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SE MIRA MIS

SCENE F.

SEMIRAIIS, ARZACE, AZEMA.

A R Z A C E.

O reine, à vous fervir ma vie eft confacrëe:

Je vous devais mon fang, et quand je l’ai verfé,Puifqu’il coula pour vous, je fus récompenfé.

Mon père avait joui de quelque renommée;

Mes yeux l’ont vu mourir, commandant votre armée;Il a laiffé, Madame, à fon malheureux filsDes exemples frappans, peut-être mal fuivis.

Je n’ofe devant vous rappeler la mémoireDes fervices d’un père et de fa faible gloire,

Qu’afin d’obtenir grâce à vos facrés genoux,

Pour un fils téméraire, et coupable envers vous,

Qui, de fes vœux hardis écoutant l’imprudence,

Craint même en vous fervant de vous faire une offenfe.

S E M I R A M I S.

Vous, m’offenfer? qui, vous? ah! ne le craignez pas.ARZACE.

Vous donnez votre main, vous donnez vos*Etats.

Sur ces grands intérêts , fur ce choix que vous faites,Mon cœur doit renfermer fes plaintes indifcrètes :

Je dois dans le filence, et le front profterné,

Attendre, avec cent rois, qu’un roi nous foit donné.Mais d’Affur hautement le triomphe s’apprête;

D’un pas audacieux il marche à fa conquête;