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SEMIRA M I S.
Ne craignez point Ninus, et fon ombre en Courroux .Arzace , mon appui, mon fecours , mon époux ;
Cher prince.
A R Z A C È fe détournant.
C’en eft trop : le crime m’environne....
Arrêtez.
S E M I R A M I S.
A quel trouble, hélas! il s’abandonne,Quand lui feul à la paix a pu me rappeler.
ARZACE.
Sémiramis....
S E M î R A M I S.
Hé bien?
ARZACE.
Je ne puis lui parler.
Fuyez-moi pour jamais, ou m’arrachez la vie.SEMIRAMIS.
Quels tranfports ! quels difcours ! qui,moi,qu>e je vous fuie?Eclairciffez ce trouble infupportable , affreux,
Qui paffe dans mon amé, et fait deux malheureux.Les traits du défefpoir font fur votre vifage ;
De moment en moment vous glacez mon courage 5Et vos yeux alarmés me caufent plus d’effroi,
Que le ciel et les morts foulevés contre moi.
Je tremble en vous offrant ce facré diadème;
Ma bouche en frémiflant prononce je vous aime :
D’un pouvoir inconnu l’invincible afcendantM’entraîne ici vers vous, m’en repouffe à l’inftant ;
Et par un fentiment que je ne puis comprendre,
Mêle une horreur affreufe à l’amour le plus tendre.