A SON ALTESSE SERENISSIME
Madame,
"V~ ousavezvupaffer ce fiècle admirable, à la gloireduquel vous avez tant contribué par votre goût etpar vos exemples ; ce fiècle qui fert de modèle aunôtre en tant de chofes, et peut-être de reproche,comme il en fervira à tous les âges. C’eft dans cestemps illuftresque les Condé vos aïeux, couverts detant de lauriers, cultivaient et encourageaientles arts ;où un jBo//uetimmortalifaitles héros, etinftruil'ait lesrois; où un Fénelon , le fécond des hommes dansl’éloquence, et le premier dans l’art de rendre la vertuaimable, enfeignait avec tant de charmes la jufticeet l’humanité; où les Racine, fes Defpreaux préfidaientaux belles-léttres, Lully à la mufique , le Brun à lapeinture. Tous ces arts, Madame, furent accueillisfurtout dans votre palais. Je me fouviendrai toujoursque, prefque au fortir de l’enfance, j’eus le bonheurd’y entendre quelquefois un homme , dans qui l’éru-dition la plus profonde n’avaitpoint éteint le génie,et qui cultiva l’efprit de Monfeigneur le Duc deBourgogne, ainfi que le vôtre et celui de M. le Ducdü Maine; travaux heureux , dans lefquels il fut fipuiffamment fécondé par la nature. Il prenait quel-quefois devant V. A. S. un Sophocle , un Euripide iltraduifait fur le champ en français une de leurs
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