Band 
Tome quatrième
JPEG-Download
 

8

EPI T RE A MADAME

tragédies. Ladmiration, lenthoufiafme dont il étaitfaifi, lui infpiraitdes expreffions qui répondaient à lamale etharmonieufe énergie des vers grecs, autantquil eftpoffible den approcher dans la proie dunelangue à peine tirée de la barbarie, et qui, polie partant de grands auteurs , manque encore pourtant deprécifion, de force et dabondance. On fait quil efl.impoffible de faire palfer dans aucune langue modernelavaleurdese-xprefïionsgrecques; elles peignent duntrait ce qui exige trop de paroles chez tous les autrespeuples. Un feul terme y fuffît pour repréfenter ouune montagne toute couverte darbres chargés defeuilles, ou un dieu qui lance au loin fes traits , oules fommets des rochers frappés fouvent de la foudre.Non-feulement cette langue avait lavantage de rem-plir dun mot limagination ; mais chaque terme,comme on fait, avaitunemélodie marquée, etcharmaitloreille, tandis quil étalait à lefprit de grandes pein-tures. Voilà pourquoi toute traduction dun poètegrec eft toujours faible, fèche et indigente. Ceftducaillou et de la brique , avec quoi on veut uni ter despalais de porphyre. Cependant ]\ï. de Afalc'zieu, pardes efforts que produifait un enthoufiafme fubit, etpar un récit véhément, femblaitfuppléeràlapauvretéde la langue, et mettre dans fa déclamation toutelamedesgrandshommesdAthènes . Permettez-moi,Madame, de rappeler ici ce quil penfait de ce peupleinventeur, ingénieux etfenfible, qui enfeigna tout.aux Romains fes vainqueurs,et qui,long-temps aprèsfa ruine et celle de lempire romain , a fervi encore àtirer lEurope moderne de fa groffière ignorance.

11 connaiffait Athènes mieux quaujourdhui