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O R- E S T E.
Avez-vous donc des dieux oublié les promeffes ?
Avez-vous oublié: que leurs mains vengereiïesDoivent conduire Orefte en cet.affreux féjour,
Où fa fœur avec moi lui conferva le jour?
Qu’il doit punir Egifthe au lieu même où vous êtes,Sur ce même tombeau , dans ces mêmes retraites,Dans ces jours de triomphe, où fon lâche affaffmInfulte encore au roi, dont il perça le fein ?
La parole des dieux n’eft point vaine et trompeufe ;Leurs deffeins font couverts d’une nuit ténébreufe ;
La peine fuit le crime : elle arrive à pas lents. (3)ELECTRE.
Lieux qui la préparez , que vous tardez long-temps ! (c)I P II I S E.
Vous le voyez , Pammène ; Egifthe renouvelleDe fon hymen fanglant la pompe criminelle.
ELECTRE.
Et mon frère, exilé de déferts en déferts ,
Semble oublier fon père , et négliger mes fers.
P A M M E N E.
Comptez les temps, voyez qu’il touche à peine l’âgeOù la force commence à fe joindre au courage :
Efpcrez fon retour, efpérez dans les dieux.
ELECTRE.
Sage et prudent vieillard, oui, Vous m’ouvrez les yeux.Pardonnez à mon trouble , à mon impatience ;
Hélas ! vous me rendez un rayon d’efpérance.
Oui pourrait de ces dieux encenfer les autels ,
S’ils voyaient fans pitié les malheurs des mortels,
Si le crime infolent, dans fon heureufe ivreifeEcrafait à loifir l’innocente faiblelfe !