ACTE PREMIER.
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Vos yeux ne virent point ce parricide impie ,
Ces vêtemens de mort, ces apprêts, ce feftin,
Ce feftin déteftable , où le fer à la main,
Clytemneftre... ma mère. . . ah ! cette horrible imageEft préfente à mes yeux, préfente à mon courage.
C’eft là, c’eft en ces lieux , où vous n’ofez pleurer,
Où vos reffentimens n’ofent fe déclarer,
Oue j’ai vu votre père attiré dans le piège, (2)
Se débattre et tomber fous leur main facrilége.
Pammène , aux derniers cris , aux fanglots de ton roi,
Je crois te voir encore accourir avec moi;
J’arrive. Quel objet ! une femme en furieRecherchait dans fon flanc les relies de fa vie.
Tu vis , mon cher Orefte enlevé dans mes bras ,Entouré des dangers qu’il ne connaiffait pas,
Près du corps tout fanglant de fon malheureux père ;
A fon fecours encore il appelait fa mère.
Clytemneftre, appuyant mes foins officieux,
Sur ma tendre pitié daigna fermer les yeux ;
Et s’arrêtant du moins au milieu de fon crime,
Nous laiffa loin d’Egifthe emporter la victime.
Orefte, dans ton fang conlommant fa fureur,
Egifthe a-t-il détruit l’objet de fa terreur?
Es-tu vivant encore? as-tu fuivi ton père?
Je pleure Agamemnon , je tremble pour un ftère.
Mes mains portent des .fers; et mes yeux pleins de pleursN’ont vu que des forfaits et des persécuteurs.
P A JI M E N E.
Filles d’Agamemnon, race divine et chère,
Dont j’ai vu la fplendeur et l’horrible mifère,Permettez que ma voix puiffe encore en vous deuxRéveiller cet efpoir qui refte aux malheureux.