ACTE PREMIER.
3i
ELECTRE."
Loin de leur pardonner , on nous défend la plainte ;Quand je parle d’Orefte , on redouble ma crainte.
Je connais trop Egifthe et fa férocité;
Et mon frère eft perdu , puifqu’il eft redouté.
CLYTEMNESTKE.
Votre frère eft vivant ; reprenez l’efpérance :
Mais s’il eft en danger, c’eft par votre imprudence.Modérez vos fureurs , et fâchez aujourd’hui,
Plus humble en vos chagrins, refpecter mon ennui.Vous penfez que je viens, heureufe et triomphante,Conduire dans la joie une pompe éclatante.
Electre, cette fête eft un jour de douleur :
Vous pleurez dans les fers , et moi dans ma grandeur.Je fais quels vœux forma votre haine infenfée.N’implorez plus les dieux ; ils vous ont exaucée.Laiffez - moi refpirer.
SCENE IF.
L’aspect de mes enfansDans mon cœur éperdu redouble mes tourmens.Hymen, fatal hymen , crime long-temps profpère ,Nœuds fanglans qu’ont formés le meurtre et l’adultère,Pompe jadis trop chère à mes vœux égarés,
Quel eft donc cet effroi dont vous me pénétrez ?
Mon bonheur eft détruit, Pivreffe eft diffipée;
Une lumière horrible en ces lieux m’a frappée.