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O R E S T E.
Qü’Egifthe eft aveuglé , puifqu’il fe croit heureux!Tranquille , il me conduit à ces funèbres jeux ;
11 triomphe , et je fens fuccomber mon courage.
Pour la première fois je redoute un préfage;
Je crains Argos, Electre et fes lugubres cris;
La Grèce , mes fujets , mon fils , mon propre fils.
Ah , quelle deftinée, et quel aifreux fupplice ,
De former de fon fang ce qu’il faut qu’on haïlfe,
De n’ofer prononcer , fans des troubles cruels ,
Les noms les plus facrés , les plus chers aux mortels !
Je chaiTai de mon cœur la nature outragée ;
Je tremble au nom d’un fils : la nature eft vengée.
SCENE V.
A h! trop cruel Egifthe, où guidiez-vous mes pas,Pourquoi revoir ces lieux confacrés au trépas ?EGISTHE.
Quoi, ces folemnités qui vous étaient fi chères,
Ces gages renaiflans de nos deftins profpères,Deviendraient à vos yeux des objets de terreur !
Ce jour de notre hymen , eft - il un jour d’horreur?
Non; mais ce lieu, peut-être, eft pour nous redoutable.Ma famille y répand une horreur qui m’accable.
A des tourmens nouveaux tous mes fens font ouverts,l'phife dans les pleurs , Electre dans les fers,
Du