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34 O R E S T E.
Plus que vous ne penfez, on prend notre défenfe.
Mais quoi, mon fils !
E G I S T H E.
Je fais quelle eft fa violence.
Il eft fier, implacable, aigri par fon malheur;
Digne du fang d’Atrée, il en a la fureur.
Ah, Seigneur! elle eftjufte.
E G I S T Iî E.
Il faut la rendre vaine.
Vous favez qu’en fecret j’ai fait partir Pliftène :
Il eft dans Epidaure.
A quel deffein? pourquoi?
. E G I S T II E.
Pour affurer mon trône, et calmer votre effroi.
Oui, Pliftène mon fils, adopté par vous-même,L’héritier de mon nom et de mon diadème,
Eft trop intéreffé, Madame, à détournerDes périls que toujours vous voulez foupqonner.
Il vous tient lieu de fils, n’en connaiffez plus d’autre.Vous favez, pour unir ma famille et la vôtre,Qu’Electre eût pu prétendre à l’hymen de mon fils,Si fon cœur à vos lois eût été plus fournis,
Si vos foins avaient pu fléchir fon caractère ;
Mais je punis la fœur, et je cherche le frère:Pliftène me fécondé; en un mot, il vous fer±,
Notre ennemi commun fans doute eft découvert.Vous frémiffez, Madame?