ACTE PREMIER.
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Du fang verfé par nous cette demeure empreinte,Orefte, Agamemnon , tout me remplit de crainte.
E G I S T H E.
Laiffez gémir Iphife , et vous relTouvenezQu’après tous nos affronts , trop long-temps pardonnes ,L’impétueufe Electre a mérité l’outrageDont j’humilie enfin cet orgueilleux courage.
Je la traîne enchaînée, et je ne prétends pasQue de fes cris plaintifs alarmant mes Etats,
Dans Argos déformais fa dangereufe audaceOfe des dieux fur nous rappeler la menace,
D’Orefte aux mécontens promettre le retour.
On n’en parle que trop: et depuis plus d’un jour,Par-tout le nom d’Orefte a blelfé mon oreille;
Et ma jufte colère à ce bruit fe réveille.
CLYTEM MESTRE.
Quel nom prononcez-vous? tout mon cœur en frémit.On prétend qu’en fecret un oracle a préditQu’un jour en ce lieu même, où mon deftin me guide,Il porterait fur nous une main parricide.
Pourquoi tenter les dieux? Pourquoi vous préfenterAux coups qu’il vous faut craindre, et qu’on peut éviter ?
E G I S T H E.
Ne craignez rien d’Orefte. Il eft vrai qu’il refpire :
Mais loin que dans le piège Orefte nous attire,
Lui-même à ma pourfuite il ne peut échapper.
Déjà de toutes parts j’ai fu l’envelopper.
Errant et pourfuivi de rivage en rivage ,
Il promène en tremblant fon impuiffante rage ;
Aux forêts d’Epidaure il s’eft enfin caché.
D’Epidaure en fecret le roi m’eft attaché.
Théâtre. Tom. I V.
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