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O R E S T E.
O R E S T E.
Je n’ai contre un tyran fur le trône affermi,
Dans ces lieux inconnus, qu’Orefte et mon ami.
P Y L A D E.
C’eft affez ; et du ciel je reconnais l’ouvrage.
Il nous a tout ravi par ce cruel naufrage,
Il veut feul accomplir fes auguftes deffeins ;
Pour ce grand facrifice il ne veut que nos mains.Tantôt de trente rois il arme la vengeance ,
Tantôt trompant la terre, et frappant en filence,
Il veut, en fignalant fon pouvoir oublié,
N’armer que la nature, et la feule amitié.
O R E S T E.
Avec un tel fecours banniffons nos alarmes ;
Je n’aurai pas befoin de plus puiffantes armes.
As-tu dans ces rochers, qui défendent ces bords,Où nous avons pris terre après de longs efforts,As-tu caché, du moins, ces cendres de Pliftène,Ces dépôts, ces témoins de vengeance et de haine,Cette urne qui d’Egifthe a dû tromper les yeux ?
P Y L A D E.
Echappée au naufrage, elle eft près de ces lieux.Mes mains avec cette urne ont caché cette épée,Qui dans le fang Troyen fut autrefois trempée;
Ce fer d’Agamemnon qui doit venger fa mort,
Ce fer qu’on enleva, quand par un coup du fort,Des mains des affaffins ton enfance fauvée,
Fut, loin des yeux d’Egifthe, en Phocide élevée.L’anneau qui lui fervait eft encore en tes mains,o R E s T E.
Comment des dieux vengeurs accomplir les deffeins'?