ACTE SECOND.
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Comment porter encore aux mânes de mon père( en montrant l’épée qu’il porte. )
Ce glaive qui frappa mon indigne adverfaire?
Mes pas étaient comptés par les ordres du ciel ;
Lui-même a tout détruit; un naufrage cruelSur ces bords ignorés nous jette à l’aventure.
Quel chemin peut conduire à cette cour impure,
A ce féjour de crime où j’ai reçu le jour ?
F Y L A D E.
Regarde ce palais, ce temple, cette tour,
Ce tombeau, ces cyprès, ce bois fombre et fauvage;
De deuil et de grandeur tout offre ici l’image.
Mais un mortel s’avance en ces lieux retirés,
Trifte, levant au ciel des yeux défefpérés ;
Il paraît dans cet âge où l’humaine prudenceSans doute a des malheurs la longue expérience :
Sur ton malheureux fort il pourra s’attendrir.
O R E S T E.
(/) Il gémit ; tout mortel eft donc né pour fouffrir i
SCENE IL
ORESTE, PYLADE, PAMMENE.
P Y E A D E.
O qui que vous foyez, tournez vers nous la vue :
La terre où je vous parle eft pour nous inconnue;
Vous voyez deux amis et deux infortunés,
A la fureur des flots long-temps abandonnés.
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