ACTE SECOND.
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SCENE III.
EGISTHE, CLYTEMNESTRE plus loin,PAMMENE, Suite. n.
EGISTHE à Pammène.
A qui dans ce moment parliez-vous dans ces lieux ?L’un de ces deux mortels porte fur fon vifageL’empreinte des grandeurs, et les traits du courage ;
Sa démarche , fon air, fon maintien m’ont frappé :Dans une douleur fornbre il femble enveloppé :
Quel eft-il? eft-il né fous mon obéilfance ?
PAMMENE.
Je connais fon malheur, et non pas fa nailfance.
Je devais des fecours à ces deux étrangers,
Pouffés par la tempête à travers ces rochers ;
S’ils ne me trompent point, la Grèce eft leur patrie.EGISTHE.
Répondez d’eux, Pammène : il y va de la vie.
Hé quoi, deux malheureux, en ces lieux abordés,D’un œil fi foupçonneux feraient-ils regardés?
EGISTHE.
On murmure , on m’alarme , et tout me fait ombrage.
Hélas ! depuis quinze ans , c’eft-là notre partage :Nous craignons les mortels autant que l’on nous craint ;Et c’eft un des poifons dont mon cœur eft atteint.