ACTE SECOND.
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Des cheveux, fi mes yeux ne fe font pas trompés,
Tels que ceux du héros dont mes fens font frappés ;
Une épée , et c’eft-là ma plus ferme efpérance ,
C’eft le Ligne éclatant du jour de la vengeance:
Et quel autre qu’un fils , qu’un frère, qu’un héros ,Sufcité par les dieux pour le falut d’Argos,
Aurait ofé braver ce tyran redoutable ?
C’eft Orefte, fans doute, il en eft feul capable ;
C’eft lui, le ciel l’envoie ; il m’en daigne avertir.
C’eft l’éclair qui paraît, la foudre va partir.
ELECTRE.
Je vous crois ; j’attends tout : mais n’eft-ce point un piègeQue tend de mon tyran la fourbe facrilége ?
Allons. De mon bonheur il me faut affurer.
Ces étrangers... Courons, mon cœur va m’éclairer.
I p II I s E.
Pammène m’avertit, Pammène nous conjureDe ne point approcher de fa retraite obfcure.
Il y va de fes jours.
ELECTRE.
Ah! que m’avez-vous dit ?
Non, vous êtes trompée, et le ciel nous trahit.
Mon frère, après feize ans, rendu dans fa patrie,
Eût volé dans les bras qui fauvèrent fa vie ;
Il eût porté la joie à ce cœur défolé ;
Loin de vous fuir, Iphife, il vous aurait parlé.
Ce fer vous raffinait, et j’en fuis alarmée.
Une mère cruelle eft trop bien informée.
J’ai cru voir, et j’ai vu dans fes yeux interditsLe barbare plaifir d'avoir perdu fon fils.
N’importe, je conferve un refte d’efpérance;
Ne m’abandonnez pas, ô Dieux de la vengeance?
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