54
O R E S T E.
Une fureur atroce ; et je Tentais ma mainSe lever malgré moi, prête à percer fon fein:
Ma raifon s’enfuyait de mon ame éperdue.
Cette femme en tremblant s’eft fouftraite. à ma vue,Sans s’adreffer aux dieux, et fans les honorer;
Elle femblait les craindre , et non les adorer.
Plus loin, verfant des pleurs, une fille timide,
Sur la tombe et fur moi fixant un œil avide,
D’Orefte en gémiffant a prononcé le nom.
SCENE IL
ORESTE, PYLADE, PA M MENE.
O Vous qui fecourez le fang d’Agamemnon ,
Vous vers qui nos malheurs et nos dieux font mes guidesParlez, révélez - moi les deftins des Atrides :
Qui font ces deux objets , dont l’un m’a fait horreur,Et l’autre a dans mes fens fait palier la douleur?
Ces deux femmes....
P A M M E N E.
Seigneur, l’une était votre mère...ORESTE .
piytemneftre ! elle infulte aux mânes de mon père?
p a M M E N E.
Elle venait aux dieux vengeurs des attentatsDemander un pardon qu’elle n’obtiendra pas.
L’autre était votre fœur, la tendre et fimple Iphife,
A qui de ce tombeau l’entrée était permife.