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ACTE QUATRIEME.
0 R E S T E en l’embraffant.
Le ciel menace en vain, la nature l’emporte;
Un dieu me retenait ; mais Electre eft plus forte.
ELECTRE.
Il t’a rendu ta fœur, et tu crains fon courroux!
O R E S T E.
Ses ordres menacans me dérobaient à vous.
Eft-il barbare affez pour punir ma faibleffe?
ELECTRE.
Ta faibleffe eft vertu : partage mon ivreffe.
A quoi m’expofais-tu , cruel? à t’immoler?
O R E S T E.
J’ai trahi mon ferment.
ELECTRE.
Tu l’as dû violer.
O R E S T E.
C’eft le fecret des dieux.
ELECTRE.
C’eft moi qui te l’arrache,Moi qu’un ferment plus faint à leur vengeance attache;Oue crains-tu ?
O R E S T E.
Les horreurs où je fuis deftiné,
Les oracles, ces lieux, ce fang dont je fuis né.
ELECTRE.
Ce fang va s’épurer ? viens punir le coupable,
Les oracles, les dieux, tout nous eft favorable;
Ils ont paré mes coups, ils vont guider les tiens.