ACTE CINQUIEME.
99
ELECTRE.
Quoi ? de la main d’un fils ! quoi par ce coup funefte,Vous....
O R E s T E.
Norl, cen’eftpas moi; non, ce n’eft point OrefteUn pouvoir effroyable a feul conduit mes coups.Exécrable inftrument d’un éternel courroux,
Banni de mon pays par le meurtre d’un père,
Banni du monde entier par celui de ma mère,
Patrie, Etats, parens, que je remplis d’effroi,Innocence, amitié, tout eft perdu pour moi!
Soleil qu’épouvanta cette affreufe contrée,
Soleil qui reculas pour le feftin d’Atrée ,
Tu luis enGor pour moi, tu luis pour ces climats!Dans l’éternelle nuit tu ne nous plonges pas !
Dieux, tyrans éternels, puiffance impitoyable ,
Dieux qui me puniffez, qui m’avez fait coupable !
Hé bien, quel eft l’exil que vous me deftinez?
Quel eft le nouveau crime où vous me condamnez?Parlez.... Vous prononcez le nom de la Tauride;
J’y cours, j’y vais trouver la prêtreffe homicide,
Qui n’offre que du fang à des dieux en courroux,
A des dieux moins cruels, moins barbares que Vous.
ELECTRE.
Demeurez. Conjurez leur juftice et leur haine,
P Y L A D E.
Je te fuivrai par-tout où leur fureur t’entraîne.
Que l’amitié triomphe, en ce jour odieux,
Des malheurs des mortels, et du courroux des dieux.
Fin du cinquième et dernier acte,
G a