SUR L’ELECTRE UE SOPHOCLE. 127
abfolument repréfenter ce crime. La mort deClytcmnejlre était jufte, et fon fils n’était coupableque par l’ordre formel des dieux qui le conduiraientpas à pas dans ce crime, par celui des deftinées, dontles arrêts étaient irrévocables , qui fefaient desmalheureux mortels ce qu'il leur plaifait : Qui noshomines quajipilas habent. Ainfi en condamnant Orefleautant qu’ils le devaient, les Grecs ne condamnaientpoint Sophocle , et ils le comblaient au contrairede louanges. D’ailleurs tous les poètes tragiquestiennent le langage de la philofophle ftoïcienne.
Il me femble avoir montré les fources de l’admi-ration que tous les anciens ont eu pour l’Electre deSophocle . Le parallèle de cette pièce avec celles' d’Euripide et A’Ffchyle fur ce fujet , qui font à lavérité pleines de beautés , ne fervira pas peuà démontrer entièrement combien elle leur eftfupérieure. On verra combien la conduite etl’intrigue de la pièce de Sophocle font plus belles etplus raifonnables que celles des deux autres.
Plufieurs critiques ont douté que la tragédied’Electre , que nous avons fous le nom d’Euripide ,fût de ce grand maître. On y trouve moins de chaleuret moins de liaifon ; et l’on pourrait foupçonnerqu’elle ePc l’ouvrage d’un poète fort poftérieur. Onfait que les favans de la célèbre école d’Alexandrieont non-feulement rectifié et corrigé, mais auffialtéré et fuppofé plufieurs poèmes anciens. Electreétait peut-être mutilée ou perdue de leur temps ; ilsen auront lié tous les fragmens pour en faire unepièce fuivie. Quoi qu’il en foit, on y retrouve lesfameux vers cités par Plutarque (dans la vie de