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DISSERTATION
Ah! fi j’ai quelques droits, s’il eft vrai qu’il les craigne,Dans ce fang malheureux que fa main les éteigne;
Qu’il achève à vos yeux de déchirer mon fein,
Et fi ce n’eft alfez, prêtez-lui votre main;
Frappez , joignez Electre à fon malheureux frère,Frappez, dis-je: à vos coups je connaîtrai ma mère.
Y a-t-il rien de plus naturel que de voir Clytemneftreirritée reprendre alors toute fa dureté , et dire àfa fille :
* Va , j’abandonne Electre au malheur qui la fuit ;
Va, je fuis Clytemneftre, et furtout je fuis reine ;
Le fang d’Agamemnon n’a de droit qu’à ma haine.
C’eft trop flatter la tienne, et de ma faible mainCarelfer le ferpent qui déchire mon fein.
. Pleure, tonne, gémis , j’y fuis indifférente ;
Je ne verrai dans toi qu’une efclave imprudente,Flottante entre la crainte et la témérité ,
Sous la puiffante main de fon maître irrité.
Je t’aimais malgré toi, l’aveu m’en eft bien trille;
Je ne fuis plus pour toi que la femme d’Egifthe ;
Je ne fuis plus ta mère; et toi feule as rompuCes nœuds infortunés de ce cœur combattu,
Ces nœuds qu’en frémiffant réclamait la nature,
Que ma fille dételle, et qu’il faut que j’abjure.
Ces palTages de la pitié à la colère, ce jeu despallions, ne font-ils pas véritablement tragiques?et le plaifir qu’ils ont conftamment fait à toutesles repréfentations n’eft-il pas un témoignagecertain que l’auteur, enpuifant également dansl’antiquité et dans la nature, a faifi tout ce quel’une et l’autre pouvaient fournir?
Mais