SUR LA TRAGEDIE D’ORESTE. 14 7
C’eft cette menace des dieux qui produit le nœudet le dénouement; c’eft elle qui retient d’abordOrejic , quand Electre s’abandonne au défefpoir, àla vue de l’urne qu’elle croit contenir les cendresde fon frère ; c’eft elle qui eft caufe de la réfolutionfurieufe que prend Electre de tuer fon propre frère,qu’elle croit l’alfaffin d’ Orejic c’eft cette menacedes dieux qui eft accomplie quand ce frère troptendre a défobéi; c’eft elle enfin qui donne aumalheureux Orejle l’aveuglement et le tranfport danslefquels il tue fa mère, de forte qu’il eft punilui-même en la puniffant.
C’était une maxime reçue chez tous les anciens,que les dieux puniffaient la moindre défobéiffanceà leurs ordres comme les plus grands crimes, etc’eft ce qui rend encore plus beaux ces vers quel’auteur met dans la bouche d ’Orejle au troifièmeacte.
Eternelle juftice, ahyme impénétrable,
Ne diftinguez-vous point le faible et le coupable,
Le mortel qui s’égare, ou qui brave vos lois,
Qui trahit la nature, ou qui cède à fa voix ?
Ce ne font pas là de ces vaines fentencesdétachées. Ces vers font en fentiment aufîi-bienqu’en maxime. Ils appartiennent à cette philo-fophie naturelle qui eft dans le cœur, et quifait un des caractères diftinctifs des ouvrages del'auteur.
Quel art n’y a-t-il pas encore à faire paraîtreles Euménides avant le crime $ Orejle, comme les
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