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DISSERTATION .
qu 'Egifthe, intérefle autant qu’il l’était à cette mort,pouvait s’en contenter fans entrer clans un examenplus approfondi. On croit très-aifément ce quel’on fouhaite avec une paffion violente. D’ailleursClytemneftre interrompt cette converfation qui l’ac-cable; et l’action eft enfuite fi précipitée, ainfi quedans Sophocle , qu’il n’eft pas poffible à Egifthe d’endemander ni d’en apprendre davantage. Cependantcomme le caractère d’un tyran eft toujours remplide défiance, il ordonne qu’on aille chercher fon filspour confirmer le récit des deux étrangers.
La reconnaiffance d'E'ectrc et d’ Orcjtc , fondée furla force de la nature et fur le cri du fang, en mêmetemps que fur les foupcons à'iphifc, fur quelquesparoles équivoques d’Oe/ie,et fur fon attendrilfement,me paraît d’autant plus pathétique, qu ' Orefte , en fedécouvrant, éprouve des combats qui ajoutentbeaucoup à l’attendriffement qui naît de la fituation.Les reconnaifiances font toujours touchantes, à moinsqu’elles ne foient très-mal-adroitement traitées.Mais les plus belles font peut-être celles qui pro-duifentun effet qu’on n’attendait pas, qui ferventà faire un nouveau nœud, à le refierrer, et quireplongent le héros dans un nouveau péril. Ons’intérefie toujours à deux perfonnes malheureufesqui fe reconnaiffent après une longue abfence etde grandes infortunes. Mais ft ce bonheur pafiagerles rend encore plus miférables, c’eft alors qiiele cœur eft déchiré, ce qui eft le vrai but de latragédie.
A l’égard de cette partie de la cataftrophe quel’auteur d’Orefte a imitée de Sophocle , et qu’il n’a