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ACTE QUATRIEME.
De monftres affamés, et d’affaffins fauvages,
Difciplinés au meurtre, et formés aux ravages.
Us font nés pour la guerre, et non pas pour ma cour;
Je les prends en horreur, en connaiffant l’amour :
Qu’ils combattent fous moi, qu’ils meurent à ma fuite;Mais qu’ils n’ofent jamais juger de ma conduite.
Idamé ne vient point_c’eft elle, je la voi.
SCENE IV.
GENGIS, IDAMÉ.
IDAMÉ.
Q^uoi! vous voulez jouir encor de mon effroi!
Ah ! Seigneur , épargnez Une femme , une mère ;
Ne rougiffez-vous pas d’accabler ma mifère?
GENGIS.
Ceffez à vos frayeurs de vous abandonner.
Votre époux peut fe rendre; on peut lui pardonner.J’ai déjà fufpendu l’effet de ma vengeance,
Et mon cœur pour vous feule a connu la clémence.Peut-être ce n’eft pas fans un ordre des cieux,
Que mes profpérités m’ont conduit à vos yeux;
Peut-être le deftin voulut vous faire naître
Pour fléchir un vainqueur, pour captiver un maître,
Pour adoucir en moi cette âpre dureté
Des climats où mon fort en naiffant m’a jeté.
Vous m’entendez, je règne, et vous pourriez reprendreUn pouvoir que fur moi vous deviez peu prétendre.
Le divorce en un mot par mes' lois eft permis ;
Et le vainqueur du monde à vous feule eft fournis.
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