326 L’ORPHELIN DE LA CHINE
S’il vous fut odieux, le trône a quelques charmes ;
Et le bandeau des rois peut effuyer des larmes. (8)L’intérêt de l’Etat, et de vos citoyens,
Vous preffe autant que moi de former ces liens.
Ce langage, fans doute, a de quoi vous furprendre.Sur les débris fumans des trônes mis en cendre,
Le deftructeur des rois , dans la poudre oubliés,Semblait n’étre plus fait pour fe voir à vos pieds.
Mais fâchez qu’en ces lieux votre foi fut trompée;
Par un rival indigne elle fut ufurpée :
Vous la devez, Madame, au vainqueur des humains;Temugin vient à vous vingt fceptres dans les mains.Vous baillez vos regards, et je ne puis comprendreDans vos yeux interdits ce que je dois attendre.Oubliez mon pouvoir, oubliez ma fierté;
Pefez vos intérêts, parlez en liberté.
I d A m É.
A tant de cbangemens tour à tour condamnée,
Je ne le cèle point, vous m’avez étonnée.
Je vais, fi je le puis, reprendre mes efprits ;
Et quand je répondrai, vous ferez plus furpris.
Il vous fouvient du temps , et de la vie obfcure,
Où le ciel enfermait votre grandeur future.
L’effroi des nations n’était que Témugin;
L’univers n’était pas , Seigneur, en votre main:
Elle était pure alors , et me fut préfentée,
Apprenez qu’en ce temps je l’aurais acceptée.
g E N G I s.
Ciel! que m’avez-vous dit? ô Ciel! vous m’aimeriez !Vous !
I D A M É.
J’ai dit que ces vœux, que vous me préfentiez ,