Et puifqu’il faut toujours qu’Idamé vous implore,Permettez qu’à jamais mon époux les ignore.
De ce faible triomphe il ferait moins flatté,Ou’indigné de l’outrage à ma fidélité.
G E N G I S.
Il fait mes fentimens, Madame, il faut les fuivre ;
Il s’y conformera, s’il aime encore à vivre.
I D A M É.
Il en eft incapable ; et fi dans les tourmensLa douleur égarait fes nobles fentimens,
Si fon ame vaincue avait quelque molleife ,
Mon devoir et ma foi foutiendraient fa faibleffe.
De fon cœur chancelant je deviendrais l’appui,
En atteftant des nœuds déshonorés par lui.
G E N G I S.
Ce que je viens d’entendre , ô Dieux, eft-il croyable?Quoi ! lorfqu’envers vous-même il s’eft rendu coupableLorfque fa Gruauté, par un barbare effort,
Vous arrachant un fils, l’a conduit à la mort !
I D A M É.
Il eut une vertu, Seigneur, que je révère;
Il penfait en héros, je n’agiffais qu’en mère:
Et fi j’étais injufte affez pour le haïr,
Je me refpecte affez pour ne le point trahir.
G E N G I S.
Tout m’étonne dans vous; mais auffi tout m’outrage:J’adore avec dépit cet excès de courage ;
Je vous aime encor plus, quand vous me réfiftez.Vous fubjuguez mon cœur, et vous le révoltez.