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ACTE QUATRIEME.
Il était néceffaire autant qu’il eft affreux,
Idamé, fers de mère à ton roi malheureux ;
Règne, que ton roi vive, et que ton époux meure;
Règne, dis-je, à ce prix: oui, je le veux_
IDA m É.
Demeure.
Me connais-tu? veux-tu que ce funefte rangSoit le prix de ma honte, et le prix de ton fang ?Penfes-tu que je fois moins épôufe que mère?
Tu t’abufes, cruel ; et ta vertu févèreA commis contre toi deux crimes en un jour,
Qui font frémir tous deux la nature et l’amour.Barbare envers ton fils, et plus envers moi-même,Ne te fouvient-il plus qui je fuis, et qui t’aime?Crois-moi: dans nos malheurs il eft un fort plus beau,Un plus noble chemin pour defcendre au tombeau.Soit amour, foit mépris, le tyran qui m’offenfe,
Sur moi, fur mes deffeins, n’elt pas en défiance.Dans ces remparts fumans, et de fang abreuvés,
Je fuis libre, et mes pas ne font point obfervés.
Le chef des Coréens s’ouvre un fecret paffage,
Non loin de ces tombeaux , où ce précieux gageA l’œil qui le pourfuit fut caché par tes mains :
De ces tombeaux facrés je fais tous les chemins ;
Je cours y ranimer fa languiffante vie,
Le rendre aux défenfeurs armés pour la patrie,
Le porter dans mes bras dans leurs rangs belliqueux ,Comme un préfent d’un dieu qui combat avec eux.Nous mourrons , je le fais ; mais tout couverts de gloire ;Nous laiflerons de nous une illuftre mémoire.
Mettons nos noms obfcurs au rang des plus grands noms,Et juge fi mon cœur a fuivi tes leçons.