Mais l’honneur eft un bien que nous ne devons pas.Cependant l’Orphelin n’attend que le trépas ;
Mes foins l’ont enfermé dans ces afiles fombres,
Où des rois fes aïeux on révère les ombres :
La mort, fi nous tardons, l’y dévore avec eux.
En vain des Coréens le prince généreuxAttend ce cher dépôt que lui promit mon zèle.
Etan, de fon falut ce miniltre fidèle,
Etan, ainfi que moi, fe voit chargé de fers.
Toi feule à l’Orphelin relies dans l’univers;
C’ell à toi maintenant de conferver fa vie,
Et ton fils, et ta gloire à mon honneur unie.
i d a M É.
Ordonne; que veux-tu? que faut-il?
Z A M T I.
M’oublier,
Vivre pour ton pays, lui tout facrifier.
Ma mort, en éteignant les flambeaux d’hyménée,
Eli un arrêt des cieux qui fait ta deftinée.
Il n’eft plus d’autres foins, ni d’autres lois pour nous.L’honneur d’être fidelle aux cendres d’un épouxNe faurait balancer une gloire plus belle.
C’ell au prince, à l’Etat qu’il faut être fidelle.Remplilfons de nos rois les ordres abfolus ;
Je leur donnai mon fils , je leur donne encor plus.Libre par mon trépas, enchaîne ce tartare,
Eteins fur mon tombeau les foudres du barbare : (9)Je commence à fentir la mort avec horreur,
Quand ma mort t’abandonne à cet ufurpateur.
Je fais en frémiffant ce facrifice impie ;
Mais mon devoir l’épure, et mon trépas l’expie :