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A M A D A M E
LA MARQUISE
D E P 0 M P A D 0 U R.
Madame,
T O U T E s les épîtres dédicatoires ne font pas delâches flatteries, toutes ne font pas dictées parl’intérêt ; celle que vous reçûtes de M. Grèbillon ,mon confrère à l’académie, et mon premier maîtredans un artquej’ai toujours aimé, fut un monumentde fa reconnaiflance ; le mien durera moins, mais! il eft auffi jufte. J’ai vu dès votre enfance les grâces
| et les talens fe développer; j’ai reçu de vous , dans
i tous les temps,des témoignages d’une bonté toujourségale. Si quelque cenfeur pouvait défapprouverl’hommage que je vous rends, ce ne pourrait êtrequ’un cœur né ingrat. Je vous dois beaucoup,Madame, et je dois le dire. J’ofe encore plus, j’ofevous remercier publiquement du bien que vousavez fait à un très - grand nombre de véritables gensde lettres , de grands artiftes, d’hommes de mériteen plus d’un genre.
| Les cabales font affreufes, je le fais ; la littérature
j en fera toujours troublée, ainfi que tous les autres*; états de la vie. On calomniera toujours les gens dei lettres comme les gens en place; et j’avouerai que| l’horreur pour ces cabales m’a fait prendre le parti dela retraite, qui feule m’a rendu heureux. Mais j’avoueen même temps que vous n’avez jamais écouté| aucune de ces petites factions, que jamais vous ne, Théâtre. Tom, IV. Z
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