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TANCREDE.
Prononcez. Mon cœur s’ouvre, et mon bras eft arméJe puis mourir pour vous, mais je dois être aimé.
A M E N A ï D E.
Dans l’abyme effroyable où je fuis defcendue,
A peine avec horreur à moi-même rendue,
Cet effort généreux, que je n’attendais pas ,
Porte le dernier coup à mon ame éperdue,
Et me plonge au tombeau qui s’ouvrait fous mes pasVous me forcez, Seigneur, à la reconnaiffance,
Et tout près du fépulcre, où l’on va m’enfermer,Mon dernier fentiment eft de vous eltimer.
Connaiffez-moi, fâchez que mon cœur vous offenfe;Mais, je n’ai point trahi ma gloire et mon pays :
Je ne vous trahis point; je n’avais rien promis.
Mpn ame envers la vôtre efl affez criminelle ;
Sachez qu’elle eft ingrate, et non pas infidelle...
Je ne puis vous aimer, je ne puis à ce prixAccepter un combat pour ma caufe entrepris.
Je fais de votre loi la dureté barbare,
Celle de mes tyrans, la mort qu’on me prépare.
Je ne me vante point du faflueux effortDe voir fans m’alarmer les apprêts de la mort...
Je regrette la vie.... elle dut m’être chère.
Je pleure mon deftin, je gémis fur mon père ; (2)Mais, malgré ma fàibleffe, et malgré mon effroi,
Je ne puis vous tromper; n’attendez rien de moi.
Je vous parais coupable après un tel outrage;
Mais ce cœur, croyez-moi, le ferait davantage,
§i jufqu’à vous complaire il pouvait s’oublier.
Je ne veux (pardonnez à ce trille langage)
De vous, pour mon époux, ni pour mon chevalier.J’ai prononcé; jugez, et vengez votre offenfe. (i)