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T A N C R E D E.
T A 'N C R E D E.
Que me dis-tu? les pleurs inondent ton vifage!
A L D A M O N.
Ah! fuyez pour jamais ce malheureux rivage.
Après les attentats que ce jour a produits ,
Je n’y puis demeurer, tout obfcur que je fuis.
T A N C R E D È.
Comment?...
A L D A M O N.
Portez ailleurs ce courage fublime ;
La gloire vous attend aux tentes des Céfars,
Elle n’eft point pour vous dans ces affreux rempartsFuyez, vous n’y verriez que la honte et le crime.
TANCREDE.
De quels traits inouïs viens-tu percer mon cœur!Qu’as - tu vu ? que t’a dit, que fait Aménaïde ?
A L D A M o 0 N.
J’ai trop vu vos deffeins... Oubliez-la, Seigneur.TANCREDE.
Ciel ! Orbaffan l’emporte, Orbaffan ! la perfide !L’ennemi de fon père, et mon perfécuteur !
A L D A M O N.
Son père a ce matin ligné cet hyménée,
Et la pompe fatale en était ordonnée...
T A N C R E D 'E.
Et je ferais témoin de cet excès d’horreur !
A L D A M O N.
Votre dépouille ici leur fut abandonnée.
Vos biens étaient fa dot. Un rival odieux,
Seigneur, vous enlevait le bien de vos aïeux.