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TANCREDE.
Elle regrettera l’amant qu’elle a trahi,
Le cœur qu’elle a perdu, ce cœur qu’elle déchire ..A quel excès , ô Ciel ! je lui fus alfervi !
Pouvais-je craindre, hélas! de la trouver parjure?Je penfais adorer la vertu la plus pure,
Je croyais les fermens, les autels moins facrés ,Qu’une fimple promeffe , un mot d’Aménaïde...
A L D A Al O N.
Tout eft-il en ces lieux ou barbare ou perfide?
A la profcription vos jours furent livrés,
La loi vous perfécute, et l’amour vous outrage.
Hé bien , s’il eft ainfi , fuyons de ce rivage :
Je vous fuis aux combats, je vous fuis pour jamaisLoin de ces murs affreux, trop fouillés de forfaits.
TANCREDE.
Quel charme dans fon crime à mes efprits rappelleL’image des vertus que je crus voir en elle !
Toi qui me fais defcendre avec tant de tourmentDans l’horreur du tombeau dont je t’ai délivrée,Odieufe coupable .... et peut - être adorée !
Toi qui fais mon deftin jufqu’au dernier moment;Ah ! s’il était poflible, ah ! fi tu pouvais êtreCe que mes yeux trompés t’ont vu toujours paraîtreNon, ce n’eft qu’en mourant que je puis l’oublier;Ma faibleffe eft affreufe ... il la faut expier,
Il faut périr .... mourons, fans nous occuper d’elle.A L D A AI O N.
Elle vous a paru tantôt moins criminelle.
L’univers, difiez - vous , au menfonge eft livré;
La calomqie y règne.
TANCREDE.
Ah ! tout eft avéré,