NOTES
(i) La France était alors obérée .et furchargée d'impôts ; mais lescampagnes étaient cultivées, et fi l’on avait comparé la maiTe des impôtsavec la fomme du produit net des terres, peut-être l’aurait-on trouvéedans une moindre proportion que du temps de Charles IX , de Henri III ,ou même de Henri IV . Si on avait comparé de même la fomme de ceproduit net au nombre des hommes employés à la culture, on l’auraittrouvée dans un rapport plus grand. Il réfulte de cette fécondé compa-raifon, qu’il pouvait y avoir en 1760 plus de valeurs réelles qu’onpouvait employer à payer la main-d’œuvre des travaux d’induftrie et deconftruction, que dans des temps regardés comme plus heureux. L’impôteft injufte lorfqu’il excède les dépenies néceffaires , et ftrictementnéceffaires à la profpérité publique : il eft alors un véritable volaux contribuables. Il eft injufte encore lorfqu’il n’eft pas diftribuéproportionnellement aux propriétés de chacun. Il eft tyrannique lorfquefa forme affujettit les citoyens à des gênes ou à des vexations inutiles ;mais il n’eft deftructeur de la richefle nationale, que lorfque, foit par fagrandeur, foit par fa forme, il diminue l’intérêt de former des entreprifesde culture, ou qu’il les fait négliger. Il n’était pas encore parvenu à cepoint en 17 60; et quoiqu’il y eût en France beaucoup de malheureux,quoique le peuple gémît fous le poids de la fifcaüté, le royaume étaitencore riche et bien cultivé. Tout était li peu perdu à cette époque,que quelques années d’une bonne adminiftration euffent alors fuffi pourtout réparer. Ce que dit iciM. de Voltaire était donc très-vrai ; mais cen’était en aucune manière une exeufe pour ceux qui gou-vernaient.
(a) Iphigénie , près d’être immolée, dit à fon père:
D’un œil aufli content, d’un cœur aufli fournisQue j’acceptais l’époux que vous m’aviez promis,
Jefaurai, s’il le faut, victime obéifTante,
Tendre au fer de Calchas une tête innocente*
Cette réfignation paraît exagérée : le fentiment â'Aménaide eft plusvrai et auïïi touchant; mais dans cette comparaifon ce n’eft point Racinequi eft inférieur à Voltaire , c’eft l’art qui a fait des progrès. Pourrcndreles vertus dramatiques plus impofantes, on les a d’abord exagérées ; maisle comble de l’art eft de les rendre à la fois naturelles et héroïques. Cetteperfection ne pouvait être que le fruit du temps, de l’étude des grandsmodèles, et furtout de l’étude de leurs fautes,
O) Q^i n’a plus qu’un moment à vivreN’a plus rien à dïiïimuler.