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Tome quatrième
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24 °

NOTE

S.

M, de Voltaire , dans la ComtefTe de Givry, dit en parlant dun vieuxfoldat -

Il touche au jour fatal lhomme ne ment plus.

(4) On a cru reconnaître dans ce vers le fentiment quune longuefuite dinjuftices avait du produire dans lame de lauteur : comme dansceux-ci :

Profcrit dès le berceau, nourri dans le malheur.

Moi toujours éprouvé , moi qui fuis mon ouvrage ,

Qui dEtats en Etats ai porté mon courage,

Qui par - tout de l'envie ai fenti la fureur,

Depuis que je fuis jai vu la calomnie,

Exhaler les venins de fa bouche impunie,

Chez les républicains comme à la cour des rois.

On a cru reconnaître encore le fentiment dun grand homme, qui aprèsavoir été privé de la liberté dans fa jeunefle pour des vers quil navaitpoint faits, forcé fuir en Angleterre la haine des bigots, daller oublierà Berlin les cabales des gens de lettres , et la haine que les gens en placeportent fourdement à tout homme fupérieur; avait été enfuite obligéde quitter Berlin par les intrigues dun géomètre médiocre , jaloux dungrand poëte, et retrouvait à Genève les monftres qui lavaient perfécutéà Paris et à Berlin , la fuperftition et lenvie.

Remarquons ici que ceil vraifemblablement au goût de M. de Voltairepour VArioJle que nous devons Tancrède. Il était impoïTible quun auffigrand artifte ne vit dans lhUloire d'Ariodant et de Gencvre > un blocprécieux d devait fortir une belle tragédie. Ceft une des pièces duthéâtre français qui fait le plus deffet à la repréfentation, et peut-êtrecelle de toutes lon trouve un plus grand nombre de vers et defituations dune fenfibilité profonde et paflionnée.

Fin du Tome quatrième.