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NOTE
S.
Il touche au jour fatal où l’homme ne ment plus.
(4) On a cru reconnaître dans ce vers le fentiment qu’une longuefuite d’injuftices avait du produire dans l’ame de l’auteur : comme dansceux-ci :
Profcrit dès le berceau, nourri dans le malheur.
Moi toujours éprouvé , moi qui fuis mon ouvrage ,
Qui d’Etats en Etats ai porté mon courage,
Qui par - tout de l'envie ai fenti la fureur,
Depuis que je fuis né j’ai vu la calomnie,
Exhaler les venins de fa bouche impunie,
Chez les républicains comme à la cour des rois.
On a cru reconnaître encore le fentiment d’un grand homme, qui aprèsavoir été privé de la liberté dans fa jeunefle pour des vers qu’il n’avaitpoint faits, forcé dç fuir en Angleterre la haine des bigots, d’aller oublierà Berlin les cabales des gens de lettres , et la haine que les gens en placeportent fourdement à tout homme fupérieur; avait été enfuite obligéde quitter Berlin par les intrigues d’un géomètre médiocre , jaloux d’ungrand poëte, et retrouvait à Genève les monftres qui l’avaient perfécutéà Paris et à Berlin , la fuperftition et l’envie.
Remarquons ici que c’eil vraifemblablement au goût de M. de Voltairepour VArioJle que nous devons Tancrède. Il était impoïTible qu’un auffigrand artifte ne vit dans l’hUloire d'Ariodant et de Gencvre > un blocprécieux d’où devait fortir une belle tragédie. C’eft une des pièces duthéâtre français qui fait le plus d’effet à la repréfentation, et peut-êtrecelle de toutes où l’on trouve un plus grand nombre de vers et defituations d’une fenfibilité profonde et paflionnée.
Fin du Tome quatrième.