46 O L I JI P I E.
Si vous fervez mon fang, il votre offre eft fincèrc.ANTIGONE.
Je ne fouffrirai pas qu’un jeune téméraireDes mains de votre fille et de tant de vertusObtienne un double droit au trône de Cvrus;
Il en eft trop indigne ; et pour un tel partageJe n’ai pas préfumé qu’il ait votre fuffrage.
Je n’ai point au grand-prêtre ouvert ici mon cœur ;
Je me fuis préfenté comme un adorateurQui des divinités implore la clémence.
Je me préfente à vous armé de la vengeance.
La veuve d’Alexandre , oubliant fa grandeur,
De fa famille au moins n’oublîra point l’honneur.
S T A T I K A.
Mon cœur eft détaché du trône et de la vie,
L’un me fut enlevé, l’autre eft bientôt finie.
Mais fi vous arrachez aux mains d’un ravifleurLe feul bien que les dieux rendaient à ma douleur,
Si vous la protégez, fi vous vengez fon père,
Je ne vois plus en vous que mon dieu tutélaire.Seigneur, fauvez ma fille, au bord de mon tombeau,
Du crime et du danger d’époufer mon bourreau.
A N T I G O N E.
Digne fang d’Alexandre, approuvez - vous mon zèle?Acceptez-vous mon offre, et penfez-vous comme elle?
O L I AI P I E.
Je dois haïr Caffandre.
ANTIGONE.
Il faut donc m’accorder
Le prix, le noble prix que je viens demander.
Contre mon allié je prends votre défenfe,
Je crois vous mériter, foyez ma récompenfe.