0 L I M PIE
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L 5 HIEROPHANTE.
Libre encor dans ces lieux,Votre main ne dépend que de vous et des dieux.Bientôt tout va changer. Vous pouvez,' Olimpie,Ordonner maintenant du fort de votre vie.
On ne doit pas fans doute allumer en un jourEt les bûchers des morts, et les flambeaux d’amour:Ce mélange eft affreux ; mais un mot peut fufiire,
Et j'attendrai ce mot fans ofer le prefcrire.
C’eft à vous à fentir, dans ces extrémités,
Ce que doit votre cœur au fang dont vous fortez.
OLIMPIE.
Seigneur, je vous l’ai dit; cet hymen, et tout autre,Eft horrible à mon cœur, et doit déplaire au voue.
Je ne veux point trahir ces mânes courroucés;
J’abandonne un époux_c’eft obéir allez.
Laiffez-moi tuir l’hymen, et i’amour, et le trône.
L’ H I E R O P B À N T E.
Il faut fuivre CaiTandre ou choifîr Antigone,
Ces deux rivaux armés, fi fiers et fi jaloux,
Sont forcés maintenant à s’en remettre à vous.
Vous préviendrez d’un mot le trouble et le carnage,Dont nos yeux reverraient l’épouvantable image,
Sans le refpect profond qu’infpirent aux mortelsCet appareil de mort, ce bûcher, ces autels,
Et ces derniers devoirs, et ces honneurs fuprêmes,Qui les font pour un temps rentrer tous en eux-mêmes.La piété fe laffe, et furtout chez les grands.
J’ai du fang avec peine arrêté les torrens,
Mais ce fang dès demain va couler dans Ephèfe ;Décidez-vous, Princeffe, et le peuple s’appaife.