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Qu'un million comptant par fes fourbes acquis,
De Clerc jadis Laquais a fait Comte& Marquis.
Que Lacquin vive ici, dont l’adreffe funeſte
À plus caufé de maux que la guerre& la peite«
Qui de fes revenus écrits par alphabet,
Peut fournir aifément un Calepin complet.|.
Qu'il regne dans ces lieux, il a droit de s’y‘plaire,
Mais‘mois vivre à Paris ? Eh, qu’y voudrois je
faire?=.;
Je ne fçai ni tromper, ni feindre, ni mentir,
Et quand je le pourrois- je n’y puis conſentir.
Ie ne fçay point en lâche cfluyer les outrages
D'un Faquin Orgucilleux qui vous(tient à les ga-
ges:
De mes ſonnets flateurs laſſer tout Univers,
Et vendre au plus offrant mon encens& mes vers
Pour un fi bas emploi ma Muſe eſt trop altiere,
Je ſuis ruſtique& fier,& j'ai Lame groſſiere.
le ne puis rien nommer, fi ce meſt par fon uom:?
Pappelle un chat un chat,& Rôlet un fripon-
De fervir un Amant je men ai pas l’adreffe:
J'ignote ce grand art qui gagne une maîtreile,
Et je fuis à Paris trifte, pauvre& reclus,
Ainfi qu’un corps fans ame, ou devenu perclusMais pourquoy, dira-t’on, cette vertu faës
- vase,.Qui court à Fhoſpital,& n’eft plus en ufage?
La richeſſe permer une jufte fierté;
Mais il faut eſtre fougle avec la pauvreté.
C’e par là qu’un Auteur, que preffe l’indigence,Peur des aftres malins corriger l'influence;
Et que le fort Burlefque, en ce fiecie de fer,
D'un Pedant, quand il veut; fçait faire un DueAinfi de la vertu la fortune fe jouë.
Tel aujourd’hui triomphe au plus haut de fa roüe ,Qu'on verroit de couleurs bizarrement orné,Conduire le carroſſe où l’on le voit traîné;
Si dans les droits du Roi fa funeſte ſcience,
Par deux ou trois avis, meuſt ravagé la France .
Je{çai qu'un juſte effroi l’éloignant de ces lieux ,ÀLa fait cour quelque mois difparoiftre à nos Yeux,