34 SATIRE IV.
Rt dent Fame inquiete à foi-mefime importune 5Se fait un embarras de fa bonne fortune.Qui des deux en effet eſt le plus aveuglé?L'un& l’autre à mon fens ont le cerveau eton-
blRépondra chez Fredoc, ce Marquis ſage& pru-
de»Et qui fans ceſſe au jeu, dont il fait fon étude yÆAtrendant fon deftin, d’un quatorze, ou d’un fept»Voit fa vie, ou fa mort ſortir de fon cornet.Que fi d’un fort facheux la maligne inconſtanceVient par un coup fatal faire tourner la chance:Vous le verrez bientoſt les cheveux heriſſez,Rr les yeux vers le ciel, de fureur élancez,Ainfi qu’un poifedé que le preftre exoreife.Peiter dans fes fermens tous les Saints de l’Eglife,Qu'on le lie, ou je crains, à fon air furieux»Que ce nouveau Titan n’efcalade les cieux.Mais laiſſons le plüroſt en proye à fon caprice 3.Sa folie auffi bien lui tient lieu de ſupplice.Il eſt d’autres erreurs, dont aimable poifonD'un charme bien plus doux enyvre la raifon,B'efprit dans ce nectar heureufement s’oublie yChapelain veut rimer,& c’eft à la folie«Mais bien que fes durs vers d’epithetes enflez,Best des moindres grimauds chez Ménage eez:. il sapplaudit,& d'un eſprit tran-uille,Prend le pas au Parnaſſe au deſſus de Virgile,Que feroir I, Hclas! fi quelque AudacieuxAſſoit pour fon malheur luy défiller les Jenn;Lay faiſant voir fes vers& fans force,& fans gra-ces,Monte fur deux grands mots, comme fur deuxéchafles 3..Ses termes fans raifon l’an. de l’autre écartez,Er{es ftoids ornemens à la ligne plantez?Qu'il maudiroit le jour, où fon ame infenféePerdit Pheureufe erreur qui charmoit l'a penféel:ladis certain Bigoz, d’ailleurs homme fenfé yDun mal aflez bizarre eur le cerveau bleſſeS'imaginaas fans selle, en ſa douce manie,