SATIRE VI. f
D'un pas lugubre& lent vers Egliſe s’avance:Et plus loin des Laquais» l’un l’autre s’agaçans yFont aboyer les chiens,& jurer les paffans,Pes Pauvres en ce lieu me houchent le paſſage;Là je trouve une croix de funefte prefage:Et des couvreurs grimpez au toit d’une maiſon;En font pleuvoir l’ardoife,& la tuille à foifon,13 fur une charrette une potre branlante:Vient menaçant de loin la foule qu’elle au gmen-reSix chevaux attelez à ce fardeau peſant,Ont peine à l’émouvoir fur le pavé gliſant:D'un carroſſe en paſfant, H accroche une roüe;Et du choc le renverfe en un grand tas de bouë,Qu un autre à l’inffant sefforgant de paſ-(RL
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Dans le mefme embarras ſe vient
Vingt caroffes bientoſt arrivant à la fle,
ont en moins de zien fuivis de plus de mille
Et pour furcroit de mur, un fort mal encontren
Conduit en cet endroit un grand çroupean d
; bœufs.
Chacun pretend paſſer: l'un mugit, l’autre jure
Pes Mulers en Fonnant augmentent le murmu-re:
Et bien toit cent Cheveaux d
De l'embarras qui croit fern éb'ez
Er par tout des paffans enchaînant les brigades,
Au milieux de la paix, font voir les barricades.
On n'entend que des cris pouffez confufément,
Dieu , pour s’y faire oüir, tonneroit vainement:
Moi donc, qui dois fouvent en certain lieu me ren-dre,
Le jour déja baiſſant,& qui fuis las d’attendre,
Ne fçachant plus tantoſt à quel Saint me voüer;
Ie me mets au hazard de me faire roüer.;
le laute vingt ruiffeaux, j'efquive, je me pouffe:
Guenaud fur fon cheval en paſſant m°éclabouffe,
Et n’ofant plus paroiltre en Peftat où je fuis,
Saus ſonger où je vais, je me fauve où je puis.
Tandis que dans un coin en grondant je nyeſ-ſuie,
Souvent, pour machever, il fur vient une pluye.
On diroit que le Ciel qui fe fond tout en cau»
embarreffer:a
ans la foule appellez,