42 SATIRE Vt..
Veüille inonder ces lieux d'un deluge nouveats
Pour traverſer la ruë, au milieu de Poiage,
Un ais fur deux pavez forme un étroit paſſage:
Le plus hardis laquais 1°y marche qu’en tremeant:
faut pourtant paſſer fur ce pont chancelant,
Et les nombreux torrens qui tombent des goutie-
res,;Grofliflant les ruiſſeaux, en ont fait des rivieres.J'y Paſſe en trébuchant; mais malgré l’Embarras,La frayeur de la nuit précipite mes pas.
Car fi-toft que du foir les nombres pacificuesNun double cadenas font fermer les boutiques 5Que retiré chez lui, le paifible MarchandVa revoir fes billets& comptez fon argent;
Que dans le Marché neuf tout eſt calme& tran-quille;
Les voleurs à l’inftant s'emparent de la Ville.
Le Bois le plus funeſte& le moins frequent,
Elt au prix, de Paris, un lieux de feureté.
Malheur denc à celui qu’une affaire imprévuë
Engage un peu trop tard au détour d’une ruë,
Bientoit quatre Bandis lui ferrant les coſtez,
La bourfe« il faut fe rendre: ou bien non, tes
fiftez=
Afin que voſtre mort, de tragique memoire,
Des maffacres fameux aille groſſir l’Hiftoire.
Pour ing qu’une ombre étonne, accablé de ſom-meil,
Tous les jours je me couche avecque le Soleil.
Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumiesre:;
Qu'il ne m'eſt plus permis de fermer la paupiere.
Des Filoux cffiontez, d’un coup de piftolet,
Ebranlent ma feneſtre,& percent mon volet.
Tentens crier par tout, au meurtre, on meaſſaſſi;
ne;.
Ou le feu vient de prendre à la maifon voiſine.Tremblant& demi mon je me le e à ce bruit;
Et fouvent fans pourpoint᷑, je cours toute la nuits*Gar le feu dont la f âme en ondes fe déploye s
Fait de nofre cartier une ſeconde Troye;
Ou maint Grec affamé, maint avide Argien,
he4 bin,numMais