* 2SATIRE II. 45Phebus, dés que je parle, ef preſt à miez aucęr.Mes mots viennent fans peine& courent fe pla-cer.Faut.il peindre un frippon fameux dans cette villeMa maln, fans que j'y rêve; écrira Raun a ville.Faur il d’un fot parfait montrer Loriginal?.Ma plume au bout du vers d'abord trouve Sofal.le fens que mon e(prir travaille de genie,Faut il d’un froid Rimeur dépeindre la manie;Mes vers comme ud torrent, coulent fur le paspierTe rencontre à la fois Perrin,& Pelletier.Bardou, Mouroy, Burfant, Coiteret, Titreville;Et pou un que je veux, j'en trouve plus de mil-Auſſi toſt je triomphe,& ma Muſe en ſecrer-S’eftime& s’avplaudit du beau coup qu’elle à fait,C’elt en vain qu’au milieu de ma fureur extrême 3le me fais quelquefois des leçons moi melmeEn vain ie veux au Moins faire grace à quelqu'un àMa plume auroit regret d'en épargner aucun,Et fi-toit qu’une fois la verve me domine 3Tout ce qui soffre à moi paſſe par l’étaminé.Le merité portant nmeſt toûjours Precieux:Mais tout Fat me déplaitt& me bielle les yeux,le le pourfuis par tout, comme un chien fait faproie,Et ne le fens jamais, qu’auffi toit je n’aboie 3Enfin fans perdre temps en de fi vains propos,Te feai cendre une rime au bout de quelques mots,Souvent j'habille en vers ane maligne proſe-C’eft par là que je vaux, fi je vaux quelque choſe,Ainfi, foit que bien, roſt, par une dure ſoi,La mort d'un vol affreux vicnne fondre fur moi;Soit que le Ciel me garde un cours long& tranquil-
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A Rome on dans Paris aux champs où dans la villeDeuft ma Muſe par là choquer tout l’Univers>Riche, gueux, trifte ou gar, je veux faire des Vers.
Pauvre efprit, dira-t-on, que je plains ta foulié,Modere ces boüilions de ta Melancolie ,Et garde qu’un de ceux que tu penfes blâmer,N'éteigne dans ton ſang certe ardeur de rimer.