SATIRE VIII.
. X 2 1Le ſommeil fur fes yeux commence à s’épancheDe bout, dit l’Avarice , il e& temps de marcher,Hé laiſſez-moi. Debout. Un moment. Tu tepli>ques. öÀ peine le Soleil fait ouvrir les boutiques,N'importe, leve- toi. Pourquoi faire aprés tout?Pour courir l’Ocean de l’un à lautre bout,Chercher juſqu au Japon la pourcelaine& l’ambre,Rapporter de Goa le poivre& le gingembre,Mais j’ai des biens en foule,& je puis men paſſerOn men peut trop avoir;& pour en amafer!Ilne faut épargnerni crime ni parjure:3l faut fouffrir la faim,& coucher für la dure:Eutt-on plus de trefors que n’en perdit Galet,Neavoir en ſa maifon ni meubles ni valet:Parmi les tas de blé vivre de féigle& d’orge,De peur de perdre un liard ſouffrir qu’on vouségorge,;$Et pourquoi certe épargne enfin? L’ignores-tu#fin qu’un heritier bien dourri, bien vert 5rofitant d’un tréfor en tes mains ioutile,De fon train quelque jour embaraſſe la ville.Que faire? if faut partir, les Matelors font prefisju fi pour l’entraîner l’argent manque d’attraits,Bien-toft l’Ambition,& toute fon eſcorte,Dans le ſein du repos, vient le prendre à mainforte,L'envoie en furieux, au milieu des hazards,Se faire eftrapier far les pas des Ceſars,Et cherchant fur la brécheune mort indiſcrette,
De fa folle valeur embellix[a Gazette.
Tout beau, dira quelqu'un, raillez plus à propos;
Ce vice fut toûjours La vertu des Heros.
Quoi donc à Voftre avis, fut. ce un fou qu Alexan-dire?
Qui> cet écervelé qui mit l’Afie en cendre 2
Ce fougeux l’Angely qui de fang alter,
Maifire du monde entier S trouvoit trop ferré>
L'enragé qu’il eſtoit, né Roi dne Province
Qu'il pouvoit gouverner en bon& ſage Prince,
S'en alla follement,& penfant eſtre Dieu ,
Coutit comme un Bandit qui n’a ni feu ni lien,