52 SATIRE VIII.Pren-moi le bon parti; l’aife-là tous les livres.Cent francs au denier cing combien font-ils? Vingtfivres.C’eft bien dit. Va tu ſgais tour ce qu’il faut fcavoir:Que de biens, que d'honneurs fur toi s’en vontpleuvoir!Exerce toi, mon fils, dans Ces hautes fçiences,Prens au lien d’un Platon , le Guidon des Finances.Sçache quelle Province enrichit les Traitans:Combien le ſel au Roi peur fournir tous les ans:Endufci-toi le cc-ir, fois‘Arabe, Corfaire,Ia ſaſte, violent, fans foi, double, fauffairesNe va point fottement faire le genereux.Engraiffe-toi mon fils, du ſuc des mal-heureux;Er trompant de Colbert la prudence importune»Ua par res cruautez meriter la Fortune.Auſſi-toſt tu verras Poëtes , Orateurs,Rheteurs: Grammairiens , Aftronomes, Doéteurs,Dégrader les Heros pour te mettre en lers pla-ces;De tes titres pompeux enfler leurs dedicaces,Te prouver à toimême en Grec, Hebren, La tin > -Que tu fçaisde leur art,& le fort& le fin.‘Quiconquefeit riche eſt tout. Sans ſageſſe il eſt fa-Se- K! à fans rien ſcavoir la ſcience en patrage.la l'efprit, le cœur, le merite, le rang,La vertu, la valeur, la dignité, le ſang.Il eft aimé des Grands, il eſt cheri des belles,Jamais Surintendant ne trouva de cruelles.Lor même à la laideur donne un teint de baut:Mais tout devient affreux avec la pauvreté.C'eft ainfi qua fon fils, un Uturier habileTrace vers la richeſſe une route facile:Etfouvent tei y vient qui fęait pour tour ſe-rer,Cinq& quatre font neuf, oſtez deux, refte fept,Aprés cela, Docteur, va Ppallir fur la Bible .Va marquer les écueils de cette Mer terrible,Perce la ſainte horreur de ce livre divin,Confonds dans un Ouvrage& Luther& Calvin,
k
— gs——
-,, C4 23 CS=
——
w
**