SATIRE IX.
1 2: vous, mon Efprit à qui je veux parler:+ Vous avez des defauts que je ne puis celer.Affez& trop long-temps ma lâche complaifanceDe vos jeux criminels a nourti l’infolence.Fiais quifque vous-pouflez ma patience à bout,Une fois en ma vie il faut vous dire tout.On croïtoit à vous voir dans vos libres capri-cesDifcourir en Caton des vertus& des vices»Decider du merite& du prix des Auteurs»Et faire impunément la leçon aux Docteurs,Qu’eftant feul à couvert des traits de la Satire,Vous a vez tout pouvoir de parler& d’écrire.Mais moi qui dans le font fçais bien ce que j'encrois,Qui conte tous les jours vos defants par mes doigtséJe ris, Quand je vous vois fi foible& fi ſterileprendre fur vous le foin de reformer la ville,Das 1 difcours chagrins plus aigre& plus mor-antQu une femme en futie, ou Gautjer en plaidant.Mais répondez un pen, Quelle verve indiſcrete,Sans kaveu des neuf Sœurs, vous a rendu Poète ?Sentiez-vous, dites moi, ces violens tranſportsQui d’un efprit divin font mouvoir les reffortsQui vous a pû fouffler une fi folle audace?Phebus a-t-il pour vous applani le Parnaite?Er ne fçavez vous pas, que fur ce Mont facré«ui ne vole au fommet tombe au plus bas degré,Et qua moins d’être au rang d Horace ou de VoituresOn rampe dans la fange avec l'Abbé de P*** 2Que fi tous mes efforts ne peuvent reprimerCet afcendant malin qui vous force à rimer,Sans perdre en vains difcours, tout le fruit de vosveilles;Ofez chanter du Roi les auguſtes merveilles:Là, metrant à profit vos caprices divers,.Vous verricz tous les ans fructiſier vos vers;