SATIRE IX. 37Et par Feſpoir du gain voſtre Muſe animée,Vendroit au poids de Por une once de fummée,Mais en vain direz-vous» je penſe vous tenterPar l’éclat d'un fardeau trop pefent à porter.Tour Chante ne peut pas, fur le ron d’un Or-nee. en grand vers, la diſcorde étouffée:Peindre Bellonne en feu zonnnt de tonte parts,Et le Belge effrayé fuiant fur(es ramparts.Sur un ton fi hardi fans eſtre temeraire,Racan pourroit chanter au défaut d’un Homere .”Mais pour Cotin& moi, qui rimons au hazard;Que amour de blâmer fit Poëtes par art:Quoi qu'un tas de Grimauds vente noſtre éloquen-ce,.
Te plus feul eſi pour nous, de garder le ſilence.Un Poëme infipide& fortement flateurDéshonnore à la fois le Heros& l’Auteur:Enfin de tels projets paſſent noſtre foiblelfe,
Ainfi parle un eſprit languiffant de moleſſe,Qui fous l’humble dehors d'un refpe affectéCache le noir venin de fa malignité,Mais deuffliez vous en Fair voir vos aîles fon-Ne valoit il has mieux vous perdre dans les nuës=Que d’ailer fans raifon, d’un ſtile peu Chrettien,Faite inſulte en rimant 3qui he vous dit rien,Et du bruit dangereux d’un livre temeraite,
Vous- vous flattez peur-cftre en voſtre vanité:D'aller comme un Horace à l’immortalité:Et déja vous croiez dans vos rimes ohſcures.Æux Saumaizes futurs preparer des tortures,Mais combien d’Ecrivains d’abord fi bien receus,Sont de ce fol efpoir honteufement deceus?Combien pour quelques mois, ont vi fleurir leur li-
vre,
Dont les vers en paquet ſe vendent à la livreVous pourrez voir un temps vos écrits eſtimez 2Courir de main en main par la ville ſemez:Puis delà tout poudreux, ignorez fur la terre,Suivre chez l’épicier Neuf Germain& la See
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