Buch 
Œuvres Diverses Du Sieur D*** : Avec Le Traité Du Sublime Ou Du Merveilleux Dans Le Discours / Traduit du Grec de Longin ; Nouvelle Edition reveuë & augmentée de diverses Pieces Nouvelles
Entstehung
JPEG-Download
 

126 L'ART POETIQNE

ra rime, au bout des mots affemblez fans meſute,Tenoit lien dornemens, de nombre,& de céfute.Villon feût le premier, dans ces Siecles groffiersDésroüiller lart confus de nos vieux Romanciers.Marot bientoft aprés fit fleurir les Ballades ,Tourna des Triolets, rima des Mafcarades yA des refrains reglez aſſer vit les Rondeaux,Et montra pour imer des chemins tout nouveaux:Ronfard qui le fai vit, par une autre methodeReglant tout, broüilla tout, fit un art à fa mode:Et toutefois long temps eut un heureux deftin:Mais fa Mufe, en Frarç is parlant Grec& Latin,Vid dans Page fuivanr, par un re our grotefqueTomber de fes grands mots le faſte Pedanceique,Ce Poète orgucilleux trébuché de fi hautRendit plus retenus Defportes& Bertaut.Enfin Malherbe vint,& ie premier en France ,Fir fentir dans les vers une juſie cadence,D'un mot mis en(a place enfcigna le pouvoif»Et reduiſit la Mufe aux regles du devoir.Par ce fage Eſcrivain la langue reparéeN'offrit plus rien de rude à lorcille épurée.Les Stances avec grace apprirent à tomber,Et le vers far le vers nofa plus enjamber.Tout reconnut fes loix,& ce guide fideleAux Auteurs de ce temps fert encor de modele,Marchez-donc fur fes pas, aimez fa pureté,Et de fon tour heureux imitez la clartè.Si le fens de vos vers tarde à fe faire entendreMon eſprit auflitoft commence à{ detendre yEt de vos vains diſcours promt à ſe détacher,Ne fuit point un Auteur quil faut toûiours chercher.Il ef! certains Efprits, dont les fombres penféesSont dun nuage épais tobiours embarrailéesLe jour de la raiſon ne le fgauroit percer.Avant donc que d'écrire, apprenez à penfer»Selon que noître idée, eſt plus ou moins obſcure,Lexpreffion la fuit ou moins nette, ou plus puresCe que l'on corgoit bien s'enonce clairement»Et les mors pour le dire arrivent aiſement.Sur tout quen vos écrits la langue reveréeDans vos plus grands excez vous foit toujours facrée